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Smart-city : 5 bonnes pratiques d’aménagement urbain repérées à Oslo

2 décembre 2019
Aménager ses lieux de vie

Oslo mérite amplement son titre de capitale verte européenne 2019. La capitale norvégienne, qui dispose depuis 2019 d’un budget climat, multiplie de longue date les initiatives en faveur de la transition énergétique. À l’heure où 66 États s’engagent sur la neutralité carbone à l’horizon 2050, Oslo vise cet objectif pour 2030, avec une première étape de division par deux de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) dès 2020. A Oslo, la smart-city est déjà une réalité. Explications.

Quand la voiture disparaît…

L’engagement d’une ville sans voitures pose clairement les ambitions de la municipalité : reconquérir l’espace urbain au bénéfice de la qualité de vie des habitants et de l’animation de la cité. Déjà 700 places de stationnement ont été supprimées dans le centre-ville, des zones exclusivement piétonnes ont été créées et un péage urbain, dit « Oslo Toll Ring », encercle la ville. Dans le même temps, la municipalité a fait plus de place aux vélos, créé des espaces verts, installé du mobilier urbain, en particulier des bancs, initié des fêtes de rue… Certains vestiges du tout-voiture ont même été détournés, comme au pied de la forteresse Akershus où un ancien parcmètre transformé en haut-parleur connecté au wifi permet de diffuser sa propre musique pour danser sur d’anciennes places de parking !

… la mobilité se réinvente

Priorité est donnée aux mobilités douces et actives. La ville d’Oslo favorise la marche grâce aux zones piétonnes et l’usage du vélo en développant les pistes cyclables et les stations de location de bicyclettes. Les transports en commun font l’objet d’une amélioration continue. Une application mobile a été lancée qui permet de planifier ses itinéraires multimodaux en temps réel et d’acheter directement ses billets. Des navettes électriques autonomes sont également en cours d’expérimentation. La municipalité soutient en effet activement l’innovation en matière d’écomobilité. D’autant que les revenus générés par l’ « Oslo Toll Ring » permettent de financer des projets de mobilité durable.

Et la lumière fut… intelligente

Autre enjeu clé : baisser la consommation d’énergie. La ville mise sur le mobilier connecté, à commencer par les 67 000 lampadaires répartis dans la ville : l’intensité de l’éclairage varie en fonction de la présence ou non de véhicules et de passants et les pannes sont détectées automatiquement, ce qui permet de réduire la facture énergétique et d’optimiser les coûts de maintenance. Les lampadaires servent également de support à des capteurs environnementaux, des outils de mesure du trafic, des bornes de recharge pour véhicules électriques et des panneaux d’information. Soit un ensemble d’applications au service de la ville.

La construction fait sa révolution

Oslo a introduit dans ses marchés publics de construction un critère « zéro émission » qui impose aux entreprises de conduire des chantiers « propres ». Cette initiative a véritablement poussé les acteurs économiques locaux à adapter leurs pratiques en recourant aux biocarburants, aux machines électriques ou encore aux énergies renouvelables. L’ambitieux programme « FutureBuilt » va plus loin en incitant, par une réduction de taxes, à la construction de bâtiments à l’empreinte carbone divisée par deux par rapport aux standards actuels, offrant une réelle qualité urbaine et architecturale et implantés près d’un hub de transports en commun. Sur la cinquantaine de projets immobiliers et urbains attendus, plusieurs réalisations se distinguent déjà par leur caractère innovant ou audacieux. À l’école Bjørnsletta (800 élèves) par exemple, le chauffage, la climatisation et l’éclairage sont gérés automatiquement en fonction de leur occupation, des conditions météorologiques et de la production d’électricité locale. Quant à la Gullhaug Torg, qui compte 16 étages de bureaux et d’appartements, elle ne propose aucune place de parking pour les voitures, un pôle de transports étant situé à quelques pas…

La démarche devient collective

À Oslo, la ville intelligente se construit sous l’impulsion de la municipalité mais aussi en partenariat avec les acteurs privés, encouragés à s’emparer de cette thématique grâce à des concours organisés notamment par le Smart Oslo Accelerator. La smart city se bâtit également avec les habitants, via des applications qui leur permettent de s’exprimer sur des projets ou de formuler des propositions. Les plus jeunes sont eux-mêmes mis à contribution : l’application Trafikkagenten, sous forme de jeu de piste, les invite à signaler les aménagements de voirie qui sécuriseraient les cheminements piétons dans leur quartier. La municipalité entend maintenant réduire l’empreinte carbone liée aux déchets sur son territoire, grâce notamment à un dispositif de capture et de stockage du CO2 sur l’usine locale d’incinération.

Un dernier exemple ? L’écoquartier Vulkan, fleuron d’Oslo

Construit sur 4,6 hectares d’une ancienne friche industrielle, l’écoquartier Vulkan concentre logements, bureaux, équipements scolaires, culturels, sportifs et touristiques. La faune et la flore sont préservées grâce à des espaces verts, des jardins sur les toits, des ruches… Une offre de voitures électriques en autopartage est accessible à tout moment via une application mobile. Surtout, le quartier dispose de sa propre centrale énergétique qui mixe puits géothermiques, récupération de la chaleur produite par les appareils électriques du marché couvert (réfrigérateurs, chambre froides…) et panneaux solaires sur la façade de certains bâtiments. La smart-city avec une longueur d’avance !

Crédits photos : Adobe Stock

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