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La gestion des déchets, un enjeu pour tous

23 mai 2019
Se sensibiliser à l'environnement

La gestion des déchets est un enjeu stratégique pour les collectivités territoriales, à la fois en terme économique et écologique. Selon l’ADEME, nous produisons annuellement plus de 37 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés en France[1]. La collecte et le traitement de ces derniers relèvent de la responsabilité des communes et des EPCI (établissement public de coopération intercommunale), en liaison avec les départements et les régions : une mission d’envergure…

De quels déchets parle-t-on ?

Selon l’article L 2224-13 du Code Général des Collectivités Territoriales, « les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale assurent, éventuellement en liaison avec les départements et les régions, la collecte et le traitement des déchets des ménages ». Les collectivités peuvent également prendre en charge la gestion des déchets assimilés (déchets aux caractéristiques similaires des déchets ménagers mais qui ne sont pas produits par les ménages).

Les déchets ménagers et assimilés représentent en moyenne 573 kilogrammes par habitant et par an[2]. Parmi ces déchets, se trouvent :

  • Les ordures ménagères et assimilés, soit les déchets courants produits par les ménages et les activités économiques (346 kg/habitant/an)
  • Les déchets collectés en déchetterie (197 kg/habitant/an)
  • Les collectes occasionnelles telles que les encombrants, les déchets verts, les déchets dangereux… (30 kg/habitant/an)

La gestion des déchets, un enjeu pour tous

Trois chiffres[3] nous rappellent l’importance, voire l’urgence, d’améliorer la gestion des déchets, notamment ménagers :

  • La décomposition et le traitement des déchets pèsent pour 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre
  • Les déchets ménagers, gérés par les collectivités locales françaises, représentent 50 % de la production mondiale de déchets
  • Les dépenses et coûts liés à la gestion des déchets en France s’élevaient à 17 milliards d’euros (en 2014)

Vous l’avez compris, les collectivités locales ont une mission d’envergure : réduire l’impact environnemental lié aux déchets, améliorer les conditions de vie des habitants, tout en optimisant leur propre processus de gestion des déchets ménagers et assimilés.

Ces dernières années, la législation s’est d’ailleurs renforcée en ce sens : la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte vise à lutter contre les gaspillages et promouvoir l’économie circulaire, la loi du 11 février 2016 tend à lutter contre le gaspillage alimentaire, le décret du 30 mars 2016 ambitionne de limiter les sacs plastiques à usage unique… Les habitants sont également concernés par la propreté de leurs lieux de vie et le bien vivre ensemble. Motivés à l’idée d’une ville propre, certains s’emparent du sujet et font naître de belles initiatives citoyennes comme par exemple :

  • « 1 déchet par jour » : comme son nom l’indique, cette initiative marseillaise encourage chaque personne à ramasser un déchet par jour. Aujourd’hui, ce sont pas moins de 279 767 kg de déchets ramassés !
  • « Ville propre, esprit léger » : ce concept lancé par le collectif « Green Bird » organise des nettoyages mensuels dans des lieux très fréquentés.

Les nouvelles technologies pour mieux gérer les déchets

En parallèle du cadre législatif et réglementaire ainsi que des volontés citoyennes, certaines collectivités lancent des initiatives innovantes. A l’ère de la révolution technologique, toutes les filières amorcent leur transition digitale et la gestion des déchets ne fait pas exception ! De nouvelles solutions intelligentes voient le jour pour collecter ou trier les déchets. A ce titre, plusieurs collectivités font figure d’exemple :

  • Grenoble et ses conteneurs connectés

Dès 2007, la ville de Grenoble s’équipe de bennes à ordure intelligentes pour optimiser la collecte des déchets. Ce sont pas moins de 498 conteneurs (soit 30 % du parc total) qui sont désormais équipés de capteurs (sondes à ultrasons) permettant de mesurer le taux de remplissage des bacs en temps réel et de communiquer ces informations à la centrale qui gère les tournées de ramassage. Dès qu’un bac est rempli à hauteur de 70 %, les agents techniques, qui ont été formés sur le nouveau logiciel, organisent les parcours de collecte des déchets en fonction de ces données.

Ce système permet de rationaliser le circuit des camions et de gagner considérablement en efficacité. Pour preuve : le temps moyen de collecte est réduit de 20 % et le trajet parcouru (en kilomètres) par les camions-bennes diminue également de 30 % ! C’est sans compter la satisfaction des habitants qui sont moins souvent confrontés au bruit et à la pollution !

La prochaine étape : intégrer des données externes (les jours ou horaires de fort trafic, la météo…) et les historiques de chacun des bacs pour peaufiner les algorithmes et se diriger vers de l’analyse prédictive.

  • Paris et ses aspirateurs souterrains

A l’occasion de la rénovation du quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement parisien, la ville installe un réseau pneumatique souterrain pour automatiser la collecte des déchets. Mis en service en 2013, ce système repose sur la mise en place de bacs dans les immeubles, respectant un code couleur pour faciliter le tri. Lorsque les conteneurs sont pleins, les déchets sont automatiquement convoyés, à travers des tuyaux souterrains, au terminal de collecte qui se trouve en dehors du quartier. Ensuite, l’air est filtré pour le débarrasser des particules fines et des odeurs avant d’être rejeté dans l’atmosphère, tandis que les déchets sont compactés et acheminés, deux fois par jour, vers un centre de traitement.

Les premiers bénéficiaires sont, bien entendu, les habitants de cet éco-quartier qui profitent d’un meilleur cadre de vie : diminution des émissions de gaz à effet de serre (-42 %), amélioration de l’hygiène au sein des immeubles, réduction des particules fines (-90 %)…

Comment distinguer les engagements en ce sens ?

Aujourd’hui, les engagements en faveur d’une meilleure gestion des déchets et d’une ville propre se multiplient mais sont aussi et surtout reconnus.

Sur les emballages des biens de consommation, divers sigles tendent à guider les consommateurs, comme par exemple :

  • Le logo « point vert » signifie que le fabricant du produit est partenaire du programme français de valorisation des emballages ménagers
  • L’écolabel européen garantit une approche prenant en compte le cycle de vie du produit de bout en bout
  • L’écolabel NF Environnement indique le produit a obtenu l’écolabel officiel français, géré par l’AFNOR

Aussi, dans un tout autre registre, le label « Ville Eco-propre » récompense les collectivités locales qui s’engagent à améliorer durablement la propreté de leurs espaces publics. En 2019, 32 villes étaient décorées d’une à quatre étoiles suivant leur niveau d’engagement. C’est le cas de la ville de Metz qui a misé sur la médiation et la sensibilisation de ses habitants avec l’organisation de « La semaine de la propreté » et le dispositif « De l’école de la propreté, à l’école de la citoyenneté ».

La gestion des déchets, qu’il s’agisse de la collecte, du tri ou du recyclage est un enjeu pour tous en matière sociale, sociétale, économique et environnementale avec, à la clé, une ville propre pour favoriser le bien vivre ensemble !

[1] Déchets ménagers et assimilés collectés par le service public de gestion des déchets en 2013 ; [2] L’ÉLU
& les déchets ; [3] ADEME

Crédits photos : Adobe Stock

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