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Coworkgreen : les campagnes aussi ont le droit au coworking

3 février 2020
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Si les grandes métropoles regorgent de lieux ouverts et partagés pour tous les travailleurs, en périphérie ou en zone rurale, l’offre de coworking manque. C’est ce qui a poussé Clara Meyer à fonder Coworkgreen à Saclas, dans le sud Essonne. Elle nous explique comment elle a procédé.

Racontez-nous la genèse de coworkgreen…

Rédactrice indépendante depuis 2013, j’ai d’abord travaillé chez moi avant de fréquenter des espaces de coworking notamment à Versailles. J’ai ensuite déménagé dans le sud de l’Essonne mais il n’y avait aucun lieu de travail partagé similaire à proximité de chez moi. J’ai donc décidé de me lancer en créant le mien ! En mars 2016, j’ai trouvé un local à louer dans un hôtel d’entreprises au centre du village de Saclas, le Rurapôle. Coworkgreen a ouvert ses portes au mois de septembre de la même année.

Pourquoi les espaces de coworking ont du sens selon vous, surtout en zone péri-urbaine ou rurale ?

Le monde du travail se redessine. De plus en plus de personnes sont amenées à travailler de chez elles. Cependant, lorsqu’on est freelance, on s’expose à des risques d’isolement, d’autant plus à la campagne. Et les espaces de coworking permettent à ces personnes de se retrouver, au moins ponctuellement dans la semaine, d’échanger avec des professionnels qui ont le même statut ou évoluent dans la même branche d’activités, voire de partager des contacts et des opportunités d’affaires. Ils ont donc avant tout une réelle utilité sociale.

Avez-vous bénéficié d’aide pour concrétiser votre projet ?

Je n’ai reçu aucune subvention. Mais la communauté d’agglomération de l’Etampois Sud-Essonne m’a orientée vers le Rura’Pôle, dont elle est le bailleur. Cela me permet de bénéficier d’un loyer modéré. J’ai également profité du programme In’ESS 91 de l’association Essonne Active, dédié aux acteurs de l’économie sociale et solidaire. Cela m’a permis de participer à des séminaires et des rencontres, d’établir un budget prévisionnel, d’obtenir un prêt d’honneur et de préparer ma demande d’emprunt supplémentaire à la banque. Au total, j’ai pu obtenir un prêt de 21 000 euros pour aménager l’espace, avoir un peu de trésorerie et rémunérer des intervenants pour promouvoir l’espace de coworking à ses débuts.

Comment est aménagé l’espace ?

Les 68 m2 se décomposent en une petite salle de réunion de 14 m2 et une grande salle dans laquelle il est possible d’installer 10 coworkeurs. Pour l’aménagement, j’ai privilégié le confort. J’ai donc investi dans des assises neuves et très ergonomiques. Pas des chaises de bistrot ! Dans deux grandes tables de salon en bois également, pour avoir de la place tout en donnant une ambiance « comme à la maison ». Et j’ai installé un canapé et une table basse dans un esprit convivial et vintage. Pour le reste du mobilier, des appareils et de la décoration, j’ai opté pour de la récupération et noué un partenariat avec la recyclerie des Portes de l’Essonne.

Quels profils fréquentent le plus couramment Corworkgreen ?

Des indépendants en majorité. Ils exercent des métiers très variés : du développeur web à la formatrice dans l’hôtellerie en passant par une sophrologue ou un photographe. Quelques salariés en télétravail viennent aussi. Leur abonnement ou leur journée sont alors payés par leur entreprise. Lorsqu’un salarié habite à 50 km de son lieu de travail, faire une heure et demi de transport aller puis retour n’est pas gage d’efficacité. Lui permettre de télétravailler dans un espace aménagé et connecté près de chez lui, ne serait-ce qu’un jour par semaine, peut donc être un plus. L’idée fait son chemin, mais lentement.

Avez-vous des coworkeurs réguliers ?

Coworkgreen compte aujourd’hui 5 abonnés au mois. D’autres – une dizaine - viennent régulièrement mais moins de deux jours par semaine. Il est alors plus avantageux de payer à la demi-journée ou à la journée. Et pour attirer un autre public, en dehors des privatisations, j’anime également un atelier d’écriture une fois par semaine.

Votre espace s’appelle Coworkgreen : comment se traduit votre démarche écologique ?

Je ne révolutionne rien, mais c’est dans mon ADN personnel. Moi et d’autres membres du Rura’Pôle avons donc fabriqué un bac à compost, afin d’aller plus loin dans la logique de tri et d’éviter que des déchets alimentaires et végétaux ne passent pas le cycle de traitement classique. Nous l’avons installé dans l’espace vert situé à côté du parking. Un jardin dans lequel, j’ai également placé un petit bac potager où poussent du thym et des fraises. Dans l’espace de travail, les chauffages sont connectés afin de les piloter finement et d’éviter tout gaspillage énergétique. Nous faisons aussi attention à recycler le papier. C’est du bon sens finalement.

Après trois ans dans le secteur, comment envisagez-vous l’évolution des espaces de coworking ?

Si on parle de l’avenir, les tiers-lieux plus grands et mêlant plusieurs usages, comme l’artisanat, des prestations artistiques et du coworking, semblent prometteurs. Et localement des idées émergent en ce sens. Je suis cela avec intérêt.

Crédits photos : CoWorkgreen

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