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Une rentrée inclusive en 2019

7 octobre 2019
S'instruire

Assurer une scolarisation de qualité pour tous les élèves de la maternelle au lycée, en tenant compte de leurs besoins éducatifs particuliers, voilà le principe de l’école inclusive. Des avancées majeures ont été réalisées ces dernières années. Coup d’accélérateur à la rentrée 2019 avec la construction d’un « grand service public de l’Ecole inclusive ». Il est à l’initiative du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer et de la secrétaire d’Etat en charge des Personnes handicapées, Sophie Cluzel.

Ecole inclusive, quel bilan pour 2018 ?

Depuis la loi pour l’égalité des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées de 2005, l’Ecole a mobilisé de nombreux moyens humains et financiers pour favoriser l’inclusion des élèves en situation de handicap.

Quelques chiffres

  • La scolarisation d’élèves en situation de handicap a quasiment été multipliée par 3. Ils étaient 118 000 en 2006, et plus de 340 000 en 2018 dans les établissements publics et privés sous contrat.
  • Le nombre d’élèves accompagnés par une aide humaine a été multiplié par 6, passant de 26 000 à 166 000. Près de la moitié des élèves en situation de handicap scolarisé en milieu ordinaire dispose d’un accompagnement humain (60% dans le 1er degré, 36% dans le second degré).
  • Depuis 2016 le budget dédié a augmenté de 25% pour atteindre 2,4 milliards d’euros.

Le développement des unités d’accueil et d’enseignement dédiées

Les élèves peuvent suivre différents parcours de scolarisation selon leur handicap et leurs besoins. Certains intègrent des classes traditionnelles, avec ou sans l’aide d’un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH). D’autres sont scolarisés dans des unités localisées d’inclusion scolaire (Ulis) au sein d’établissements du primaire ou du secondaire. Autre voie possible, la scolarisation dans des établissements médico-sociaux permettant aux élèves de bénéficier d’un appui de personnels du secteur médico-social en plus du temps d’apprentissage. L’année 2018 a été marquée par l’ouverture de 270 nouvelles unités locales d’inclusion scolaire, pour un total de 8 900 Ulis, la création de 50 unités d’enseignement externalisées (UEE) et de 6 premières unités d’enseignement élémentaire Troubles du spectre autistique (TSA).

Rentrée 2019, le coup d’accélérateur

Face à l’augmentation constante d’élèves en situation de handicap, le ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse et le secrétariat d’Etat en charge des Personnes handicapées mettent en œuvre depuis la rentrée 2019 le projet de « grand service public de l’Ecole inclusive ». Voici les principaux axes :

Le déploiement des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial)

Après une année d’expérimentation dans quelques d’établissements scolaires, les pôles inclusifs d’accompagnement localisés se déploient depuis la rentrée au sein de 300 circonscriptions du 1er degré, 2000 collèges avec Ulis et 250 lycées pros avec Ulis. Les Pial visent à faciliter la coordination des aides humaines, pédagogiques, éducatives, et à terme thérapeutiques, ceci pour une meilleure prise en compte des besoins des élèves en situation de handicap et une plus grande réactivité dans la mise en place de l’accompagnement. L’objectif est de généraliser le dispositif d’ici 2022.

L’amélioration des conditions de travail des accompagnants d’élèves en situation de handicap

Pour accompagner au mieux les élèves, les conditions de travail des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont repensées. A la rentrée 2017, 46% de ces emplois étaient précaires et seulement 2% étaient à temps complet. L’objectif est de créer 80 000 emplois pérennes avec des contrats de travail à temps plein pour la rentrée 2020. Les AESH pourront signer un CDD de 3 ans renouvelable 1 fois, puis un CDI. Ils bénéficient dès cette année d’une formation initiale de 60h.

Un meilleur accueil des parents et des élèves

Pour simplifier les démarches des familles, une cellule de réponse à la prise en charge des dossiers est mise en place dans chaque département. Ce service est ouvert de juin à octobre et assure une réponse dans les 24h. Un entretien d’accueil avec la famille, l’enseignant et l’accompagnant est organisé dans le mois qui suit la rentrée. Par ailleurs, chaque élève en situation de handicap sera désormais doté d’un livret de parcours inclusif évolutif. Il intègre les différents plans dont il peut faire l’objet : projet d’accueil personnalisé de scolarisation (PPS), projet d’accompagnement personnalisé (PAP), projet d’accueil individualisé (PAI)…

Un meilleur accompagnement des enseignants

La plateforme Cap Ecole inclusive est mise en ligne depuis la rentrée. Les enseignants peuvent accéder à des ressources qu’ils peuvent directement utiliser en classe avec les élèves en situation de handicap. La plateforme propose également une carte interactive recensant les personnes ressources dans chaque département, et facilitant leur mise en relation. Autre point, l’augmentation des départs en formation pour l’obtention du certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (cappei). L’objectif est de former 1500 enseignants des premier et second degrés chaque année.

L’adaptation aux besoins particuliers des élèves

Pour les élèves présentant un trouble auditif, le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse annonce la publication de programmes adaptés en langue des signes française (LSF) à partir d’octobre 2019, ainsi que 3h d’enseignement optionnel de la LSF au lycée. Pour les enfants autistes, 30 unités d’enseignement en maternelle (UEMA) et 10 unités d’enseignement en élémentaire (UEEA) ont été créées dans le cadre de la stratégie des troubles du neuro-développement. Un volet dédié à l’inclusion scolaire est désormais introduit dans tous les projets d’établissement.

Aménager l’espace pour rendre l’école inclusive

Rendre l’école « pleinement inclusive » implique de repenser l’aménagement de l’espace, de façon à favoriser les apprentissages de tous les élèves, quels que soient leurs handicaps : troubles des fonctions cognitives ou mentales, troubles du langage et des apprentissages, troubles envahissants du développement (dont autisme), troubles des fonctions motrices, auditives ou visuelles.

L’aménagement des classes

Délimiter les zones d’activité dans les classes Ulis

La majorité des Unités localisées pour l’inclusion scolaire regroupent des élèves présentant des handicaps différents mais dont les troubles sont compatibles. Il existe aussi des Ulis spécifiques réunissant par exemple uniquement des élèves touchés par des troubles de la fonction motrice. Dans l’un ou l’autre cas, il est essentiel de délimiter des zones d’activité pour donner des repères aux élèves : espace de travail en groupes de besoin, espace de travail individuel, coin jeux de société ou coin sensoriel à l’école élémentaire… La « zone informatique » avec ordinateurs équipés de logiciels spécifiques selon les handicaps est centrale. Quand il entre dans un espace, l’élève doit comprendre ce que le professeur attend de lui. L’utilisation de tableaux mobiles, en complément du tableau fixe, peut faciliter le découpage des espaces. Et chaque groupe de besoins peut ainsi avoir son propre tableau avec les consignes qui lui sont spécifiques.

Favoriser la flexibilité

Adeline Michel enseignante dans une Ulis spécialisée Troubles des fonctions cognitives ou mentales et auteur du blog Un tour en ulis , privilégie « les aménagements qui favorisent la diversité des postures et des modes de travail » : tapis de gym, canapé, table de bar pour travailler en station debout ou sur des tabouret, tables basses, tables ardoises…

S’équiper de tables réglables

Pour les élèves à mobilité réduite les tables réglables sont incontournables. Présentes dans les classes Ulis, elles le sont aussi dans les salles « classiques » pour les heures de cours où les élèves en situation de handicap rejoignent leur classe de référence. Où les placer dans la salle de classe traditionnelle ? Elles sont souvent positionnées au premier rang, pour des questions pratiques. Mais pour que l’inclusion soit réelle, il peut être opportun d’intégrer ces tables réglables au cœur de la classe, et même dans les îlots lorsque la salle est organisée de la sorte.

Crédits photos : Adobe Stock

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