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Qualité de l’air : quelles actions pour préserver ce bien collectif ?

5 août 2019
Respecter la qualité de l’air

La qualité de l’air influe directement sur la qualité de vie et la santé des citoyens. Le bilan de la pollution atmosphérique est lourd pour le pays : cela représente la 3ème cause de mortalité et coûte entre 70 et 100 milliards d’euros par an[1] . Heureusement, pour agir en faveur de la qualité de l’air extérieur et intérieur, les réglementations se renforcent, les villes s’organisent et des solutions digitales émergent pour informer la population.

Qualité de l’air extérieur vs intérieur

Vous le savez probablement, entre qualité de l’air extérieur et intérieur, le combat n’est pas le même car les sources de pollution diffèrent.

  • La qualité de l’air extérieur : davantage médiatisée par rapport à la qualité de l’air intérieur, les sources principales de pollution extérieure sont liées aux transports, aux industries et à l’agriculture (notamment l’élevage).
  • La qualité de l’air intérieur : que cela soit dans nos logements, nos lieux de travail, nos établissements recevant du public... la qualité de l’air intérieur est primordiale car nous passons une grande majorité de notre temps dans ces endroits clos. Les polluants peuvent venir des appareils de combustion, des matériaux de construction, des produits de décoration (peinture, colle…), du mobilier ou encore de l’activité humaine (tabac, utilisation de certains produits d’entretien…).

Les réglementations en faveur de la qualité de l’air

  • Sur le plan national : dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), la France a mis en œuvre son plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PRÉPA) qui détermine la stratégie globale pour réduire ses émissions de polluants et se conformer aux exigences européennes. La PRÉPA s’appuie sur divers leviers de politique publique : des réglementations sectorielles (transports, industrie, résidentiel-tertiaire et agriculture), des mesures fiscales et incitatives, des actions de sensibilisation et de mobilisation des acteurs ainsi que des actions pour améliorer les connaissances. Bien entendu, ce plan national vient compléter les dispositions, mesures fiscales et incitations financières déjà existantes comme par exemple : la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), le crédit d’impôt « transition énergétique » (CITE)…
  • Sur le plan local : les plans de protection de l’atmosphère (PPA) fixent les objectifs et les mesures pour contrôler les concentrations en polluants atmosphériques à l’intérieur de certaines zones ou agglomérations critiques. Cela se traduit par des mesures réglementaires telles que la création et l’aménagement des aires de covoiturage, la réduction de la vitesse sur des tronçons autoroutiers…

En parallèle des PPA, viennent s’ajouter :

- Les feuilles de route qualité de l’air visent à définir des actions concrètes sur le court terme pour les territoires les plus touchés par la pollution atmosphérique

- L’appel à projets « villes respirables en 5 ans » accompagne les territoires pour mettre en œuvre des mesures concrètes. C’est ainsi que 25 territoires lauréats bénéficient d’une aide financière, allant jusqu’à un million d’euros pour agir notamment sur la mobilité et les transports, l’agriculture, l’industrie, le logement, l’innovation et la planification urbaine.

- D’autres appels à projets lancés par l’ADEME à l’attention des collectivités tels que les programmes fonds air et AACT’AIR (aide pour les actions des collectivités territoriales et locales en faveur de l’air). Qualité de l’air : quand les villes agissent Les transports, responsables de la majorité des émissions de dioxyde d’azote, représentent un levier d’action majeur pour limiter la pollution au cœur des villes. C’est ainsi que la vignette « crit’air » a fait son apparition pour classer les véhicules en fonction de leurs émissions polluantes. Aujourd’hui, 25 villes l’ont imposée dans certaines zones à circulation restreinte ou en cas de pic de pollution.

De son côté, Annecy opte pour la piétonisation. A ce jour, 4 % de ses voiries sont interdites aux véhicules et le centre-ville est limité à 30 km/h. Dans cette tendance, on peut également citer Bordeaux et sa rue Saint-Catherine, l’une des plus longues artères piétonnes d’Europe. Certaines villes, comme Châteauroux, Levallois ou Dunkerke, misent aussi sur la gratuité des transports en commun afin d’inciter leurs habitants à les utiliser davantage.

Les zones vertes, qui permettraient de réduire les concentrations en particules fines jusqu’à 50 % [2] , sont également privilégiées. Angers, ville la plus verte de France, a multiplié les parcs, jardins et squares de proximité. Si bien qu’elle compte désormais 100 m2 d’espaces verts/habitant !

Les logements ont aussi leur rôle à jouer dans l’amélioration de la qualité de l’air. A ce titre, les éco-quartiers se démocratisent. Ces espaces urbains s’inscrivent dans une démarche d’environnement durable avec, par exemple, le traitement des eaux de pluie, la valorisation des déchets, le respect de certaines normes de construction (Haute Qualité Environnementale, Haute Performance Energétique…). Certaines collectivités agissent également sur les équipements particulièrement polluants. C’est le cas de la ville de Grenoble qui a mis en place la « Prime Air Bois » incitant les habitants à remplacer leur chauffage au bois par des systèmes plus propres. De leur côté, Bordeaux et Paris se sont dotés d’un data center éco-responsable dont l’importante production de chaleur est désormais utilisée pour chauffer les immeubles alentours.

Qualité de l’air : les applications mobiles à connaître

Pour améliorer la qualité de l’air, il est essentiel de sensibiliser et d’informer les citoyens. C’est ainsi que des solutions digitales voient le jour pour informer le plus grand nombre et permettre d’agir en conséquence :

  • Plume Air Report communique les niveaux de pollution en temps réel dans l’environnement de l’utilisateur, ainsi que les prévisions dans les prochaines 24 heures. Cette « météo » de la qualité de l’air donne également des recommandations personnalisées pour la pratique d’activités en fonction de la pollution (courir, aller en terrasse de café…).
  • Geco Air analyse les émissions polluantes des trajets de son usager, selon le transport, et l’incite à agir de façon éco-responsable.
  • Air Matters communique des informations en temps réel sur la qualité de l’air, le pollen et la météo.

Vous l’avez compris, la qualité de l’air représente un enjeu global : sanitaire, économique, de territoire… En parallèle des réglementations mises en place, il semble que l’aménagement des territoires et des lieux de vie reste un axe de travail à explorer avec notamment la multiplication des zones vertes et la piétonisation du centre-ville.

Crédits photos : Adobe stock

[1] Rapport de la Commission d’enquête du Sénat ; [2]Nature Conservancy

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